Karine Demers

Karine Demers - artist profile

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BIO / DÉMARCHE

Née dans la région de Québec et résidant à Montréal depuis 1997, Karine Demers a fait des études collégiales en arts visuels et en aménagement intérieur. Elle se dirige ensuite vers d’autres domaines tout en continuant à créer de façon ponctuelle. C’est par l’art-thérapie qu’elle reprend la création en 2013, afin de disposer d’un outil pour maîtriser un trouble de l’alimentation récurrent depuis l’enfance et un trouble obsessionnel compulsif. Inspirée par le papier comme médium, c’est en le pliant en formes simples et en très grand nombre que ses pièces se construisent. Elle travaille le papier en s’inspirant de diverses techniques empruntées aux traditions de l’origami et de la mosaïque. La lumière, sous différents angles, ajoute des effets de profondeur sur le relief des pliages. Dans des compositions de formes nettes, cette artiste fascine par la répétition d’éléments abstraits appelant à la simplicité et l’éloquence d’une approche méditative ancrée dans la complexité. Karine a toujours été une sensitive. Pas d’étude spécialisée. Sa connaissance réside dans la matière et la pratique. Son travail est toujours en recherche et en apprentissage.

La contrainte de désordres d’habitude (TOC / obsessions d’ordre et de symétrie) et des troubles alimentaires, devenant force créatrice. L’art-thérapie permet à cette artiste de se libérer à travers une démarche esthétique s’inscrivant dans l’analyse de son identité intérieure, l’expression de ses émotions et l’affirmation de sa personnalité. Sa démarche est une réflexion sur un désir de mettre en scène la beauté dans la vulnérabilité de notre existence. Ses œuvres, présentées publiquement depuis 2017, suscitent curiosité et étonnement, tout en s’harmonisant à sa personnalité par le travail de patience, d’une vitalité créative, mais aussi par la délicatesse de certaines pièces.​

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À l’origine, mon travail trouvait son impulsion dans un besoin d’occuper l’espace du tableau et dans l’action de « remplir ». L’espace étant entièrement saturé, totalement couvert de pliages. Le plein représente la production, la lourdeur et le caractère presque usiné. Occuper les mains et l’esprit (comme obstacle aux troubles alimentaires et compulsifs) se révélait directement dans l’œuvre, qui ne pouvait laisser de place pour des actions alternatives au remplissage.

L’architecture et le rythme de la vie.

C’est en quittant momentanément, presque totalement les surfaces saturées que je sens que ma démarche est devenue plus tangible. Avec l’art, s’ils font toujours partie de la vie, mes troubles sont très bien contrôlés, et, en étant mieux, j’apporte quelque chose de plus sain dans mon art. Il y a ainsi autre chose qui émerge, parallèlement à l’aspect thérapeutique.

J’ai envie d’amener une impression d’architecture et de jardins dans des œuvres entre le tableau et la sculpture. Je suis fascinée par l’épuration de la forme et le délicat travail de calibrage. Refusant tout désordre dans l’œuvre, les formes définies et les volumes dosés sont ceux qui m’inspirent.

Je cherche aussi à jouer avec les formes et la géométrie et à alterner les vides et les pleins de manière à créer des pauses et des respirations, à l’image du rythme de la vie.

Il m’est important de laisser de la place au vide, aux espaces blancs, à la respiration. J’aime retrouver cette idée de répit de l’œuvre, qui amène une construction. Cette association avec la respiration, le corps et le fonctionnement de la vie laisse émerger un aspect humain dans des œuvres qui dénotent foncièrement une rigidité. Le vide est un moment de répit. Dans certaines d’entre elles, plus agressives, fermes, pointues ou saccadées, ce vide offre la possibilité de s’échapper. C’est le rythme naturel de la vie, qui s’impose de lui-même. Il s’agit de quelque chose qui ressemble à une séquence, à des suites, un peu comme de la musique. Le vide permet de quitter brièvement la production, de se laisser aller à être bien, d’affirmer le droit de ne pas être constamment en construction.

L’étude de l’effet de la lumière et la place de chaque chose.

Inspirée par la sculpture, je découvre un attrait particulier pour l’effet de la lumière et les ombres résultant de l’aspect tridimensionnel de mes œuvres. Dans ce but, j’intègre des pièces de différentes tailles. Je cherche pour cette raison à ne pas surcharger mes compositions, parce que la lumière qui se dépose sur les reliefs de différentes hauteurs (et leurs ombres inhérentes) amène une dimension importante dans l’œuvre. Ce sont des parties de l’œuvre qui sont à considérer. J’observe les effets naturels qui surviennent dans l’œuvre et je tente d’accentuer leur capacité à se muer avec l’ambiance. Je travaille dans des éclairages différents et je sais que l’œuvre est dépendante de son habitat. Selon l’endroit où elle se trouve, l’œuvre révèle ses multiples facettes.

Le kaléidoscope me vient souvent en tête pour expliquer cette étape de mon processus. L’œuvre change en effet tout autant selon son angle d’approche que sous l’effet de la lumière. L’œuvre peut généralement être abordée dans n’importe quel sens. Il n’y a d’ailleurs pas de signature sur le devant, et cela permet une appropriation plus complète de mon art par leur propriétaire. Je suis plutôt intéressée à me promener autour de l’œuvre, un peu comme les architectes, les designers ou les sculpteurs, qui passent de tous les côtés, regardent partout et ne se limitent jamais à la seule façade.

Les verbes évocateurs de « corder », « classer », « ranger », etc. ont toujours été une traduction de l’aspect compulsif de ma personnalité. Ils permettent de produire un art en accord avec mon attitude, ma discipline, ma rigueur et mon assiduité à me rappeler où se trouvent tous les moindres objets de mon environnement.

L’inspiration de mon art émane de trois bassins :

  1. Il y a bien entendu moi, seule, en tant qu’individu, en tant que femme et humaine, avec différents enjeux, d’où l’aspect thérapeutique. Depuis le tout début, l’idée de la thérapie est là, s’illustrant dans la répétition inlassable et le besoin de manipuler engendré par le trouble obsessionnel compulsif et les troubles alimentaires, canalisés dans l’œuvre. À présent, le sens de ma démarche s’approfondit et fait en sorte d’éloigner l’aspect thérapeutique et laisse place à autre chose. La pratique se transforme peu à peu, pour sortir du médical. Est-ce encore de l’art-thérapie? Ce le sera toujours pour moi. L’art, en fait, n’est-il pas toujours une thérapie?
  2. Il y a également la tâche domestique et les petits travaux, associés à moi qui ai été mère de jeunes enfants: la routine, les petits soins et « l’art de la maison ». Les mêmes tâches qui recommencent jour après jour, à l’instar des éléments qui construisent mes tableaux. Bricoleuse dès la petite enfance, j’éprouve aussi une fascination pour les métiers d’arts, la dentelle, le maillage, le tressage, le perlage, les travaux de « petites mains ». À la manière de ces métiers, mes œuvres sont impossibles à créer rapidement. Le processus est intéressant, mais parfois, à la mesure de la quantité de pièces requise pour chaque œuvre, elles deviennent une sorte de tâche. La rigueur et les séries prennent ici un sens qui traduit la répétitive construction de pièces unitaires, dont le nombre évoque parfois la contrainte de la tâche obligée, aliénante. En y ajoutant de l’esthétisme, cela déjoue leur aspect monotone. Je fais en quelque sorte un pied de nez à la tâche. J’utilise des matières faciles d’accès, que l’on retrouve dans la vie quotidienne, qui font entrer l’ordinaire « dans » l’art.
  3. Enfin, il y a l’aspect académique : ma formation en design d’intérieur, en dessin de bâtiments et en arts. Mon attrait pour l’architecture et ses différents instruments de mesure et de calcul est omniprésent, qu’il s’agisse de l’équerre ou du compas, par exemple, permettant de tracer des marques au millimètre près. Tout est extrêmement précis.

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Karine Demers has lived and worked in Montreal since 1997 where she studied visual arts and interior design. In 2013 motivated by an Art Therapist she was referred to for a recurring nutritional condition she had been challenged with since childhood, Demers found that she could manage her wellness with the practice of this intense and meticulous art form. Inspired by paper as her chosen medium, the folding of simple geometric forms in large numbers are the foundation for these constructions. The forms are inspired by the techniques derived from traditional origami and mosaic. As daylight shifts shadows elongate and shorten effecting a kinetic quality to the work. With both straight edge and more organic abstract forms the repetitive and meditative presence endures as a point of fascination. Demers harnessed the constraints of Obsessive Compulsive Disorder in combination with the eating disorder to become a vital creative force. Art Therapy allowed the artist to liberate her interior identity, to express her emotions and to empower herself as a person. The resulting work is one of reflection on the desire to put into place the concept of finding beauty in the vulnerability of our existence. In this practice of great patience and delicacy, Demers first exhibited her work in 2017 to great interest.

(traduction; Terri Roberton / CFA Gallery / Yorkville)

EXPOSITIONS

2020 juin Papier 2020 (édition virtuelle), Grand Quai, 200, rue de la Commune O., Montréal,Canada

2020 mars Expo Baronesque, BaronMag, Montréal, Canada

2020 Nuit blanche à Montréal / Vert, Galerie Marc Gosselin

2020 février Les mondes de papier de Karine Demers et Mégan Herwig, Galerie d’Esté, Montréal, Canada

2019 Gala Découvart-Fondation Proaction, Galerie Gora, Montréal, Canada

2019 Foire d’art contemporain de St-Lambert (FAC), Prix du public, Saint-Lambert, Canada

2019 On board! (collectif), Atelier/Galerie Marc Gosselin, Montréal, Canada

2019 Architecture des forêts, Atelier/Galerie Marc Gosselin, Montréal, Canada

2019 Janvier à mars Hôtel Le Crystal, Montréal, Canada

2018 Blanc, (collectif), Atelier/Galerie Marc Gosselin, Montréal, Canada

2018 Confluence, Galerie 175-b, Montréal, Canada

2018 On board! (collectif), Atelier/Galerie Marc Gosselin, Montréal, Canada

2018 Contemporary Canadian artists and historic masters (collectif), Canadian Fine Arts Gallery, Yorkville, Canada

2018 Séquence / Karine Demers, Atelier/Galerie Marc Gosselin, Montréal, Canada.

2018 MIXTES–NUIT BLANCHE MONTRÉAL

(Collectif), Atelier/Galerie Marc Gosselin, Montréal, Canada

2017 (collectif), Mjlaberge galerie, Bourcherville, Canada

FORMATIONS

Dessin de bâtiment, École des métiers du Sud-Ouest (Montréal,Québec), 2012

Attestation d’études collégiales en Technique d’aménagement intérieur Académie Julien (Montréal, Québec) 1997-1998 Mention distinction

Études collégiales en Arts plastiques, Cégep de Sainte-Foy , Québec, Canada 1996-1997

MÉDIAS

2020 juin Radio Atelier, diffusion portrait d’artiste; Karine Demers par Sous la fibre

2020 juin Magazine Ligne, portrait d’artiste p26

2020 mai Magazine Sous la fibre, portrait d’artiste par Claire-Marine Beha

2019 décembre Baron Mag, portrait d’artiste

2019 octobre Deserres Campagne publicitaire de noël et portrait d’artiste (télé et web).

2019 août Best Kept MTL

2019 août ON BOARD | Montreal’s Coolest Skateboard Art Expo at Marc Gosselin par Vladimir de Thézier

2019 juillet Portrait d’artiste réalisé par Radio-Canada mis en lien sur La Fabrique culturelle.

2019 juillet Entretient radiophonique «Radio-Canada 95.1 FM / ICI première» par Évelyne Charuest,

diffusée le 8 juillet 2019 et portrait d’artiste sur ICI première/ web

2019 mars Infoman/ «Galerie Jean-Tal 2019»

Prix du public, œuvre «Dreamers»

2018 Entretient radiophonique «Magazine radio In situ» par Pierre Archambault et Chantal L’Heureux,102,3 FM Radio-Centre-Ville

2018 décembre Art Majeur magazine; Choix de la rédaction

2018 Bogues de vie/Radio-Canada, Montréal, Canada

2017 «Fait ici!», VéroTV/Sois, capsule-vidéo, Montréal, Canada