Why I paint – Léa Zamolo

Trois - Humide, Petite fille et Paysage

Click here to access her available works

Translated in English from her original text, find her original text in French below

I could have become a sweet lover without problems, I had to become an artist.

The more I suffer the more I paint. The romantic relationships that have been the salt of my life since I know this feeling, they are a dead end, something is wrong.

I am the dream victim of this education that makes women mothers or “whores” and men who can not love “whores”. And then I explode, I suffer, I become indignant. But I do not do it anymore in the emptiness.

Before, at the very beginning, at the time of my first pain at 15 years old, I remained cloistered for days without being able to do anything, cataclysmic sadness of the loss of the first love. Since this incredible event of suffering, I learned. I understood, all this energy would be wasted if it was not recycled into creation, this energy born of pain could be turned into a beauty.

This determination to get out of evil is dense and strong, I take it and I use it on my canvases. Sometimes, from it comes out dreamlike landscapes, when I’m in a rather calm, melancholy state. Often we find elements that merge into each other, search for fusion, again and again. My features are like a drizzle then, like rain that cools a face warmed by tears. Other times my works are inverted flowers or simple curves but vivid and venomous, images of strength. Always we find pink, I love this color, I want it to be not only the hollow and garish color that we are used to be served everywhere. The rose reminds me of the flesh, the mucous membranes, the cheeks reddened by the cold or the excitement, it is the color of the sky at night and it dyes its clouds. It is, at the same time, the dream and the reality. Shades of roses, infinitely rich. Abstraction allows me to escape from the world of humans, go to a place where I am alone, that no one knows, on large canvases where my long arms find a space to their measurement.

I do not attach myself to everything anymore but everything touches me again. Because I tend to be an addict, I’m looking for balance in painting. To understand that without addiction to creation I become dependent on something else more toxic. Once again, it’s survival. And from research to beauty.

Besides, what I’m sure of and one of the only things I’m sure of, what helps me to live: beauty is eternal.

Léa Zamolo, 2019

Click here to access her available works

Trois soeurs oranges - La Clef, La Follia et Éruption

Automne, Léa Zamolo, 2019

Grande fille, Léa Zamolo, 2019 - Special caption A

In french

J’aurais pu devenir une douce amoureuse sans problèmes, il a fallu que je devienne artiste.

Plus je souffre plus je peins. Les relations amoureuses qui ont été le sel de ma vie depuis que je connais ce sentiment sont une impasse, quelque chose ne va pas.

Je suis la victime rêvée de cette éducation qui fait des femmes des mamans ou des putains et des hommes ceux qui ne peuvent pas aimer les « putains ». Et alors j’explose, je souffre, je m’indigne. Mais je ne le fais plus dans le vide.

Avant, au tout début, du temps de la première douleur à 15 ans, je suis restée cloîtrée des jours durant à ne plus pouvoir rien faire, tristesse cataclysmique de la perte du premier amour. Depuis cet événement inouï de souffrance, j’ai appris. J’ai compris, toute cette énergie serait gaspillée si elle n’était pas recyclée dans la création, cette énergie née de la douleur peut être transformée en quelque chose de beau.

Cette détermination à sortir du mal être est dense et forte, je la prends et je l’utilise sur mes toiles. Parfois il en ressort des paysages oniriques, lorsque je suis dans un état plutôt calme, mélancolique. Souvent nous trouvons des éléments qui se fondent les uns dans les autres, recherche de fusion, encore et toujours. Mes traits sont comme une bruine alors, comme de la pluie qui rafraîchit un visage échauffé par les larmes. D’autres fois mes travaux sont des fleurs renversées ou de simples courbes mais vives et venimeuses, images de force. Toujours on trouve du rose, j’aime cette couleur, je veux qu’elle ne soit pas uniquement la couleur creuse et criarde que l’on nous sert partout. Le rose me rappelle les chairs, les muqueuses, les joues rougies par le froid ou l’excitation, il est la couleur du ciel le soir et il teinte ses nuages. Il est en même temps le rêve et la réalité. Nuances de roses, nuances infiniment riches. L’abstraction me permet de m’échapper, sortir du monde des humains, aller dans un endroit où je suis seule, que personne ne connait, sur de grandes toiles où mes grands bras trouvent un espace à leur mesure.

Je ne m’attache plus à tout désormais mais tout me touche encore. Parce que je suis à tendance toxicomane, je cherche l’équilibre dans la peinture. Comprendre par-là que sans l’addiction à la création je deviens dépendante à quelque chose d’autrement plus toxique. Encore une fois c’est de la survie. Et de la recherche vers la beauté.

D’ailleurs ce dont je suis sûre, une des seules choses dont je sois sûre, et qui m’aide à vivre : la beauté est éternelle.

Léa Zamolo, 2019

Click here to access her available works